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Juin 01

JARDINIERS EN HERBE, ADULTES EN DEVENIR

Deux enseignantes de l’école de Walferdange ont choisi de proposer une autre forme d’enseignement à leurs élèves. En partenariat avec co-labor, elles embarquent chaque semaine leur classe pour une matinée de jardinage riche en apprentissages.

« Pas tous les enfants sont faits pour rester assis sur une chaise, à une table, et écouter ce qu’on raconte toute la journée », affirme Malou Malget, institutrice à l’école de Walferdange. C’est de cette constatation pleine de bon sens que la jeune enseignante a su tirer leçon dans le cadre de son enseignement. « Alors chaque vendredi matin, en alternance avec la classe de Cindy Melcher, ma collègue, on chausse nos bottes et on part en Flexibus pour une matinée de classe en plein air ». Direction les jardins de co-labor, quelques rues plus loin. Quelle que soit la météo, le vendredi, c’est jardinage ! Les élèves, âgés de 4 à 6 ans, échangent leurs jouets, affaires de bricolage et leurs feutres pour des pelles, des râteaux et des brouettes, un peu plus encombrants mais bien plus amusants. « Ici, pas besoin de leur dire de ne pas faire de bruit, de ne pas courir… Les enfants sont très joyeux et peuvent se défouler en plein air, je trouve cela très important », souligne l’enseignante. Cette collaboration avec co-labor ne date pas d’hier. Tout commence en 2012, dans le cadre du programme « Gesond iessen, méi beweegen », lancé par le Ministère de la Santé. « Co-labor a demandé à l’école si quelqu’un était intéressé par l’idée d’aménager un potager avec des enfants dans un de leurs jardins et tout de suite, l’idée m’a enthousiasmée », raconte Cindy Melcher, une des deux premières enseignantes à se lancer dans le jardinage avec ses élèves. « Quand le programme a pris fin, nous avons demandé à la commune de pouvoir continuer et cette dernière a accepté. Ainsi, nos deux classes du cycle 1, accompagnées de notre éducatrice Sheila Musel, ont entamé leur aventure au jardin. »

« Chaque récolte est synonyme de grande joie »
Proposer une autre forme d’éducation et permettre aux enfants de se familiariser avec la nature, voici en somme les objectifs de ces deux adeptes de grand air. « Nos classes se partagent leur propre potager dans lequel nous plantons des graines et dont nous prenons soin jusqu’à pouvoir récolter le fruit de notre travail. Plus la semence prend forme, plus les élèves sont intéressés et chaque récolte est synonyme de grande joie », observe Malou Malget. Découvrir la magie des graines, apprendre la patience, travailler de ses mains pour finalement voir sortir de terre poireaux, carottes, herbes, salades, fraises, tournesol ou calendula… Une grande satisfaction pour les petits mais également une découverte pour certains. « Malheureusement, force est de constater que plein d’enfants ne savent pas où et comment poussent les légumes. Beaucoup ne les connaissent que des supermarchés et ignorent leur provenance et leur culture… On espère donc leur ouvrir de nouveaux horizons et même, pour plus tard, leur apprendre qu’il existe des métiers manuels et qu’un travail n’est pas forcément derrière un bureau », précise Cindy Melcher.

Faire appel à tous ses sens
Plus que jardiner, le travail au sein du potager, encadré par plusieurs membres de co-labor, permet aux élèves d’explorer leur cinq sens et de couvrir plusieurs matières d’enseignement à la fois. « À cet âge-là, on travaille beaucoup sur les saisons – que l’on subit au quotidien dans le jardin – mais aussi sur la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe, le goût… » Et le potager fait appel à tout cela : on écoute les consignes, on observe la terre, on sème, on bèche et on récolte, on sent les fruits et légumes puis on les goûte ! « On apprend également du nouveau vocabulaire, on développe sa motricité, on respecte la nature et on compte les escargots rencontrés sur le chemin du retour, que l’on fait à pied… Ce projet nous permet donc de couvrir tous les domaines d’apprentissage et de développement prévus dans l’enseignement du cycle 1 et en plus, c’est vraiment super pour les enfants », se félicitent les institutrices. Bien sûr, de retour en classe, l’enseignement se poursuit et les enseignantes savent tirer profit des expériences du potager au fil des jours. « Les légumes sont pour la plupart vendus au sein du marché de co-labor ou alors vendus aux particuliers sous forme de paniers, ce qui est très valorisant pour les élèves, mais on repart toujours avec les bras chargés pour que l’on puisse nous aussi y goûter. Du coup, on fait des ateliers cuisine durant lesquels on teste les aliments que l’on a produit. Et chaque lundi matin, on organise un petit-déjeuner avec, entre autres, les aliments de notre potager. » Un bel exemple d’enseignement riche, dynamique et complet, permettant de mettre en avant les atouts de chaque élève.

co-labor, qu’est-ce que c’est ?
Cette société coopérative existe depuis 1983 et est active dans l’entretien et l’aménagement d’espaces verts. Elle a également pour objet l’intégration sociale de demandeurs d’emploi nécessitant une assistance socio-éducative et un apprentissage particulier.
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