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Mar 01

Pas de poison dans les fleurs !

La commune de Walferdange renonce aux pesticides pour l’entretien des surfaces communales. Ces cocktails chimiques nuisent en effet gravement à la nature. Ils ne sont jamais inoffensifs, même pour les êtres humains. Nous allons découvrir quelles méthodes de substitution le service technique applique, pourquoi de nombreuses plantes qui poussent dans la commune ne sont pas de mauvaises herbes et terminer par quelques recommandations pour éviter les produits chimiques dans les jardins et sur les balcons.

 

Depuis 2016, la législation luxembourgeoise interdit le recours aux matières toxiques pour traiter les mauvaises herbes sur les places publiques. La commune de Walferdange s’appliquait déjà longtemps auparavant à réduire au minimum l’utilisation de pesticides, sinon à renoncer tout à fait à ces produits. Mais pourquoi les pesticides sont-ils aussi dangereux ? Déjà, parce qu’une fois pulvérisés, leur poison s’incruste dans les circuits biologiques. Des substances qui sont aussi absorbées par l’être humain, que ce soit par un contact direct ou par les aliments, l’eau et la respiration. Cela peut par exemple augmenter les risques de cancers. Sans parler de l’impact sur l’environnement, ou les matières toxiques viennent déséquilibrer des systèmes fragiles. Il faut savoir que, dans la nature, tout est réglé avec minutie, presque comme les composants soigneusement ajustés d’un moteur. Il suffit de modifier un seul élément pour que tout le système dérape. Les conséquences sont incontrôlables. Citons la mortalité des abeilles, qui sont des pollinisatrices irremplaçables dans les systèmes écologiques.

bee and lavender

 

Blummen ouni Pestiziden

Dans le cadre du projet Blummen ouni Pestiziden de l’initiative Ëmweltberodung Lëtzebuerg, la commune s’engage à acheter des plantes décoratives dont les cultures n’ont pas subi de traitements chimiques excessifs. En effet, même si les fleurs sont entretenues sans matières toxiques par la suite, les résidus de pesticides continuent à produire leurs effets. C’est pourquoi le service technique de Walferdange passe des commandes ciblées auprès d’entreprises de jardinage partenaires de l’initiative dès l’hiver, afin d’être prêt à partir du mois de mai, au début de la saison de plantation.

Beautiful white dandelion with seeds on meadow in the sunlight

Des méthodes brûlantes

Pour éliminer les mauvaises herbes, la commune mise sur des méthodes mécaniques et thermiques. « Dans notre dépôt, nous disposons de la quasi-totalité des outils qui existent dans ce domaine », affirme Laurent Livoir, le chef du service technique. Parmi ces outils, il y a des brosses mécaniques, mais aussi des désherbeurs thermiques, qui provoquent, par la chaleur, la mort de la plante. La dernière acquisition est une machine qui sert à propulser de l’eau chaude sur les plantes. Il importe de répéter régulièrement toutes les opérations, en particulier au début, jusqu’à ce que les résultats soient visibles et plus ou moins durables. Malgré tout, il arrive que les herbes réapparaissent a la vitesse de l’éclair, quand les conditions météorologiques leurs sont favorables.

Pour obtenir une commune sans produits toxiques, il faut également changer les habitudes et adapter les conceptions des idéaux de beauté. Dans ce contexte, il convient de se demander s’il ne vaut peut-être pas mieux se retrouver avec un petit pissenlit qui déborde quelque part qu’avec une commune chargée de pesticides. Même si elle est plus naturelle, la commune ne sera d’ailleurs pas mal entretenue, mais, au contraire, en bonne santé. Les plantes sauvages contribuent à la biodiversité dans l’espace urbain et constituent, par exemple, de précieuses sources de nectar pour les abeilles et les papillons.

Born to be wild

C’est exactement pour cette raison que l’entretien n’est pas intensif partout. Ce qui provoque parfois des réactions du genre : « Mais pourquoi n’ont-ils pas passé la tondeuse là-bas ? », à proximité des zones de fauchage extensif le long de l’Alzette, près du sentier nature. Ces prairies ont l’air sauvage et c’est d’ailleurs l’aspect souhaité. En effet, la base du concept est la limitation des interventions, avec l’objectif d’offrir aux animaux et aux plantes de précieuses zones de refuge ainsi que des sources d’alimentation qu’ils ne trouvent plus guère. Là où elles ne dérangent personne, les herbes et les fleurs peuvent donc pousser en liberté. Cette forme de fauchage est signalisée par des panneaux. Le parking écologique à proximité de la piscine PIDAL répond, lui aussi, a cette philosophie. Le sol n’y est pas intégralement scellé, de manière à ce que l’eau de pluie puisse s’écouler et à ce que les plantes puissent pousser. « La commune souhaite faire office de précurseur », déclare Carlo Schwachtgen du service écologique. « Nous voulons que les habitants soutiennent le renoncement aux pesticides et, peut-être même, qu’ils y contribuent eux-mêmes, à leur domicile. En tout cas, ça en vaut la peine ! »

Qu’est-ce que les pesticides ?

Le terme « pesticides » désigne un ensemble de substances et de produits chimiques servant à éliminer des plantes, des animaux et des champignons indésirables. Leurs désignations varient en fonction de leur domaine d’affectation. Ainsi, les herbicides servent à lutter contre des plantes qualifiées de mauvaises herbes, alors que les insecticides éliminent des insectes, par exemple des mites, des fourmis ou encore des moustiques. En majorité, ces produits contiennent un agent actif (la substance pesticide proprement dite) ainsi que des substances complémentaires servant à améliorer le rendement. Les premiers pesticides étaient des dérivés de neurotoxines. Ce qui illustre les risques qui en résultent. Source : EBL

Sans pesticides…

Un début de saison de jardinage sans pesticides

C’est le moment pour une cure de désintoxication ! Les habitants peuvent déposer leurs bouteilles de pesticides à tout moment au centre de recyclage ou auprès de l’action Superdreckskëscht.

 

Une multitude de conseils pour jardiner sans pesticides

L’initiative Ëmweltberodung Lëtzebuerg dispense une multitude de conseils pour un jardinage respectueux de l’environnement et au sujet de la campagne Ouni Pestiziden sur les sites www.ebl.lu et www.ounipestiziden.lu (voir à la page 22 : Journée d’informations de l’EBL a Junglinster le 25 mars)