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Déc 01

PETITE RÉTROSPECTIVE

Les Walfer Bicherdeeg sont tout sauf une page vierge. Cette année encore, ils ont eu lieu pour la 23e fois dans la commune de Walferdange avec pour nouveau thème « Kreativitéit – iwwert Iddien an Inspiratioun ». De la résidence d’auteurs aux ateliers de dessin : on y a retrouvé de grands classiques appréciés du public, mais aussi pleins de nouveaux éléments. Retour en texte et en image sur l’édition 2017.

Samedi, 8.30 heures

Il neige dans le hall Books for Kids. En tout cas, sur le stand de certains éditeurs, qui se dépêchent de décorer leurs étalages et leurs livres avec un peu de neige artificielle avant que les portes n’ouvrent dans un peu moins de deux heures. Une certaine agitation règne dans tout le complexe. Des livres sont déballés, des roll-ups sont installés et de temps en temps, on salue une connaissance qui passe.

9.30 heures

Le coup d’envoi des Walfer Bicherdeeg a généralement lieu dans le Chapiteau. Le bourgmestre François Sauber et le secrétaire d’État à la Culture Guy Arendt mettent l’accent sur le rôle des Bicherdeeg dans la scène culturelle et littéraire luxembourgeoise, plateforme d’échanges pour les auteurs, éditeurs, bibliothèques et librairies du pays. Dans ce sens, la commune, en tant qu’organisateur des Walfer Bicherdeeg, s’est vue remettre la plaquette argentée « Dicks-Rodange-Lentz » par le président d’« Actioun Lëtzebuergesch » pour la récompenser de la promotion de la langue luxembourgeoise. Le ministre de l’Éducation Claude Meisch aussi souligne : « Tout commence avec la lecture. Il s’agit d’une compétence clé cruciale pour s’ouvrir au monde. »

14 heures

Le nouveau centre culturel CAW est pour la première fois un lieu essentiel des Bicherdeeg. « Ici, ça sent les idées », dit une visiteuse, alors qu’elle découvre les pièces fraîchement aménagées. La « créativité », thème central de cette 23e édition, s’y décline d’une manière tout à fait particulière. Au rez-de-chaussée, on y retrouve l’exposition « Exigence », qui est d’ailleurs ouverte au public jusqu’au 17 décembre (voir page 20), mais c’est surtout ici, au CAW, qu’ont lieu, cette année, les séances de lecture pour adultes. Celui ou celle qui montent les quelques marches qui les séparent du premier étage sont plongés dans l’univers de l’artiste Pit Wagner. Des dessins en noir et blanc tapissent les murs, les blocs et encriers sont prêts. Les visiteurs peuvent, avec l’artiste, créer leurs propres œuvres et se sculpter des plumes en bambou. Évidemment, le dessinateur judiciaire du « Bommeleeërprozess » ne peut pas s’en empêcher : son regard parcourt sans arrêt les visiteurs qui vont et viennent et qu’il immortalise avec talent. Le syndrome de la toile blanche ? Il ne le connait pas, comme il le dit en souriant : « En cas de doute, je fais simplement une tâche de couleur et voilà, le mauvais sort est brisé. » Lors d’un entretien sous forme de question-réponse avec les auteurs de la résidence d’auteurs Gast Groeber et Nathalie Ronvaux, il donne quelques aperçus de leurs métiers créatifs. Les auteurs aussi souffrent plutôt d’un manque de temps que d’un manque d’idées. « J’écris généralement la nuit », révèle Gast Groeber. « Ça laisse le temps de réfléchir. » Ils ont tous les deux un simple « day job », comme ils l’appellent. Car vivre de sa plume au Luxembourg reste difficile. En amont des Walfer Bicherdeeg, on leur a demandé de rédiger chacun un texte sur le thème des Walfer Bicherdeeg pour les Cahiers luxembourgeois. Ian de Toffoli, l’éditeur de cette série renommée de cahiers littéraires, se réjouit de cette collaboration initiée par la commune de Walferdange : « C’est tout un concept. Dans un premier temps, la résidence d’auteurs est un hommage aux auteurs locaux décédés Nic Weber, Pol Pütz et Lex Jacoby. Deux auteurs sont donc pratiquement parrains des Journées du livre en leurs noms. Ensuite, elle permet de mieux apprécier et faire connaître le métier d’auteur. C’est un signal important. »

Dimanche, 10 heures

L’un des classiques des Bicherdeeg a lieu le dimanche matin : plus d’un s’est remué les méninges lors de la traditionnelle dictée de RTL, qui a lieu en luxembourgeois, français et allemand. Et il n’est pas rare d’y voir l’une ou l’autre tentative de tricherie, de la plus traditionnelle – jeter un œil à la feuille du voisin – aux versions 2.0. : « Sans téléphone portable s.v.p. » réprimande Roland Schumacher depuis la scène. Puis la dictée continue : « Wie ein seliger Iltis im Püree äsend… ». Un murmure parcourt la salle, des voix se font entendre : « Mais quel ‘Iltis’ ? », « ‘Selig’, ça prend deux e, non ? ». La grande gagnante pour les trois langues sera Christiane Huberty avec un total de six fautes.

 

16.30 heures

Books for Kids, voilà le slogan du hall 3. De nombreux petits rats de bibliothèque se sont installés confortablement sur les chaises colorées. Henoké Courte lit un extrait de « Anni et le secret des Raschpëtzer ». Un livre pour enfants qui retrace de manière ludique la construction romaine impressionnante qui se trouve dans la forêt de Helmsange. L’auteure Mireille Weiten-de Waha a de son côté fort à faire. « Avec le temps, on apprend à connaitre beaucoup de visiteurs, des liens se créent. C’est tout simplement le lieu de rencontre le plus important pour tous les amoureux du livre. Ce sont des gens très sympathiques », souligne-t-elle.

17 heures

D’ailleurs, nombreux sont ceux qui sont partis à la chasse au trésor dans les halls. C’est par exemple le cas d’Elise Weyland d’Esch-sur-Alzette, qui est venu à Walferdange avec une mission bien précise : trouver des cadeaux de Noël. « Une visite à Walferdange et le problème est résolu à la mi-novembre », dit-elle en riant. Ses sacs sont pleins à craquer. « Les maisons d’édition sont sur place avec toutes leurs nouveautés. Ça fait plaisir d’en faire le tour. » Mais elle sort quand même une petite pépite du sac, qui a déjà bien vécu : « Pour mon mari – sur les chemins de fer du Luxembourg. Ce livre est épuisé depuis longtemps en librairie. ».

18 heures

Officiellement, les Bicherdeeg touchent à leur fin, mais certains amoureux du livre ne sont pas encore prêts à faire leurs adieux. À de nombreux stands, on fouille encore les cartons, discute de nouvelles idées littéraires et bien on boit un verre pour terminer en beauté. Une chose est sûre : il nous tarde de commencer le prochain chapitre des Walfer Bicherdeeg 2018.