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Sep 01

RETRACER LES TRACES

Le 24 septembre, le monument « Les traces ineffaçables de l’être humain » sera inauguré en face de la gare. Le sculpteur Tom Flick a créé une oeuvre qui attire intensément l’attention sur les victimes de persécutions. C’est un message universel. Néanmoins, l’endroit choisi pour l’installation, la rue Charles Rausch, qui a été appelée « Walfer Juddegaass » (la rue des juifs de Walferdange), renvoie en particulier à l’histoire de familles juives venues se réfugier à Walferdange dans les années 1930 après avoir fui la terreur du régime nazi.

Des traces de pas mènent dans le passé. Elles évoquent des personnes qui ont laissé des traces, singulières et incomparables. L’artiste Tom Flick place l’individu au centre de son monument contre les atrocités inhumaines. « L’individu avec sa personnalité, son histoire et ses talents, dont aucune dictature ni aucun crime ne pourront jamais effacer le passage », précise-t-il. Les visiteurs peuvent accéder à ce monument en granite noir de seize mètres de haut et le percevoir avec tous leurs sens. Il les invite en silence à suivre les traces des victimes, à se recueillir et à se souvenir d’eux. Ce monument échappe à l’abstraction. La rue Charles Rausch s’étend devant les visiteurs. Cette rue qui a jadis servi de refuge aux juifs rescapés d’Allemagne. Pendant un bref instant, les sourires des Ruth Gottschalk ou Liesel Salomon semblent audibles, quand elles avaient retrouvé une certaine normalité, sur le chemin de l’école de Walferdange. Mais cette sécurité n’est qu’un leurre. Car avec l’invasion allemande en 1940, la menace ne va pas tarder à rattraper les familles juives. Elles seront rares à réussir à prendre la fuite encore une fois. Les regards sont captés par la gare de Walferdange, où un sombre destin s’annonce au-dessus de la voie ferrée. Des trains partaient vers le camp de transit de Cinqfontaines. Les voyages suivants avaient tous la même destination. Ce monument ne doit toutefois pas entretenir que la mémoire des victimes de la Shoah. « J’aimerais qu’il mette en évidence tous ceux qui subissent l’injustice et la misère, sinon même des crimes contre l’humanité », explique l’artiste. « Car ces crimes n’ont jamais cessé d’être perpétrés. » Les observateurs se reflètent dans  les pierres polies. Ils perçoivent le passé et le présent. Leurs traces se mélangent à celles de ceux qui les ont précédés. Sur le grand sentier à travers le temps.

« Between Shade and Darkness »

L’exposition « Between Shade and Darkness », dont Laurent Moyse est le curateur, a été réalisée par le Musée National de la Résistance. Bilingue (français et allemand), elle présente le sort des membres de la communauté juive du Luxembourg sous l’occupation nazie, en distinguant deux phases de cette période tragique, la première partie retraçant l’évacuation et l’expulsion des Juifs, la seconde relatant leur déshumanisation, la déportation et l’extermination. Deux personnages devenus, malgré eux, des acteurs centraux de cette période tourmentée sont présentés de plus près : le grand rabbin Robert Serebrenik tente de faire évacuer un maximum de Juifs, avant de fuir le Luxembourg à son tour en 1941 ; Alfred Oppenheimer, désigné « Judenältester » (doyen des Juifs) par les autorités national- socialistes, est contraint de transmettre les ordres nazis et d’organiser la vie quotidienne des Juifs restants avant de faire partie du dernier convoi de déportation luxembourgeois, qui, comme les précédents, mène vers les ghettos et camps d’extermination en Europe de l’Est. Le catalogue, également bilingue, reflète le contenu de l’exposition et un dossier pédagogique permet aux enseignants d’approfondir le sujet de l’antisémitisme. Pour toute information, on peut s’adresser au Musée National de la Résistance (tél. 54 84 72) ou au coordinateur Jim Goerres (tél. 621 736 738 ; jim.goerres@education.lu).

Invitation à l’inauguration du monument

Le collège des bourgmestre et échevins de la commune de Walferdange a l’honneur de vous inviter à l’inauguration du monument commémoratif « Les traces ineffaçables de l’être humain »
le dimanche 24 septembre 2017 à 10.30 heures au croisement des rue Charles Rausch et rue de la Gare d’Helmsange.

Exposition « Between Shade and Darkness – Le sort des Juifs du Luxembourg de 1940 à 1945 » qui sera ensuite visible à la Maison Dufaing le 26, 28 et 30 septembre et le 1er octobre, de 15 à 18 heures. La cérémonie d’inauguration sera suivie par une réception. Un livre homonyme, retraçant l’histoire et la création du monument de Tom Flick, est en cours de réalisation. Plus de détails dans la prochaine édition du Walfer Buet.