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Mai 04

TOUT FEU, TOUT FLAMME

Ce ne sont que cinq petits mots, mais ils déclenchent tout un processus : « personne bloquée dans un véhicule ». Un simple fragment de phrase sur l’écran de leur téléavertisseur arrache les volontaires du centre d’intervention de Walferdange à leur quotidien. Les priorités changent, le particulier devient un pompier qui est tenu de réagir de façon rapide et sûre. Peut-être même devra-t-il lutter pour sauver des vies. Il doit constamment trouver des solutions pour remédier à toutes les nouvelles situations auxquelles il est confronté de jour en jour. Superman habite à deux pas de chez vous. Mais qui sont donc ces personnes qui se rendent sur les lieux d’un accident en l’espace de quelques minutes ? Intéressons-nous aux visages et aux histoires qui se cachent derrière le 112.

Sauver, éteindre, secourir, protéger ; ces quatre mots résument les activités du centre d’intervention de Walferdange situé à la rue de l’Église. Les quelque 50 femmes et hommes volontaires, ont entre 16 et 65 ans. Leurs âges sont donc tout aussi diversifiés que leurs personnalités et leurs métiers. Cependant, ils partagent tous un point commun : une formation approfondie dans le domaine des services de secours. C’est toujours un cours de secourisme qui leur ouvre les portes du centre de secours. Ensuite, ils peuvent suivre de nombreuses formations complémentaires dans le domaine de la protection incendie ou des ambulances. Les personnes intéressées trouveront davantage d’informations à propos de ces divers cours et des différentes étapes de la formation au centre d’intervention. De cette manière, ceux qui le désirent peuvent toujours continuer à se spécialiser et, par exemple, suivre une formation en protection respiratoire ou passer le permis poids lourd. C’est une « activité de loisir » exigeante que ces volontaires ont choisie, tant sur le plan physique que mental. Alain Koch, chef de corps des sapeurs-pompiers depuis 34 ans, souligne : « Ce travail bénévole est pratiquement un deuxième emploi. » Ou plutôt une vocation. Pour combattre les incendies, il faut être tout feu, tout flamme.

Dix minutes. C’est la durée moyenne entre le moment où l’appel de détresse est lancé et celui où les pompiers arrivent sur place. Sept jours par semaine, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C’est une activité qui implique de nombreuses incertitudes. Quand arrivera le prochain appel ? Qu’est-ce qui nous attend ? « Même quand l’alarme retentit au beau milieu de la nuit, nous devons immédiatement être réveillés et opérationnels. Il n’y a jamais de temps à perdre », explique Koch. Il n’est pas rare d’effectuer plus de 500 interventions par an. Le centre d’intervention de Walferdange est un des cinq centres les plus actifs du pays. « Cette activité nous fait grandir et nous permet d’apprendre à faire confiance, à la fois aux autres et à nous-mêmes. Le sentiment de bonheur que l’on ressent quand on a rendu service est indescriptible », souligne Alain Koch.

Ensemble, même les moments difficiles peuvent être surmontés quand, lors d’accidents ou d’incendies, l’équipe se retrouve dans des situations où l’aide est arrivée trop tard. « Sur place, on ne pense pas à tout ça. On est au cœur de l’action et notre intervention doit être parfaite », continue Alain Koch. Les membres de l’équipe se sentent constamment soutenus, par leurs camarades et par des professionnels qualifiés.

Malgré leur dévouement absolu, les forces d’intervention ne rencontrent pas que de la bienveillance. « Le manque de respect n’est malheureusement pas absent », fait remarquer Koch. De plus, le fait que les sapeurs-pompiers soient disponibles à n’importe quelle heure du jour et de la nuit est souvent considéré comme un service qui relève de l’évidence. « Quand quelqu’un appelle le 112, c’est qu’il se trouve dans une situation qu’il n’arrive pas à arranger seul. C’est tout à fait légitime ! Toutefois, il y a bien sûr parfois des cas qui ne relèvent en fait pas de notre domaine de responsabilités et qui ne doivent pas nécessairement être résolus au milieu de la nuit. Cependant, cela fait partie du jeu. C’est justement quand on pense que l’on a tout vu que l’improbable se produit. J’ai assez d’anecdotes pour écrire un livre. » La lutte contre les incendies ne constitue pas la majeure partie des opérations de secours, contrairement aux idées reçues. Il y a 60 incendies par an, contre 300 interventions techniques : des traces d’huile aux chauves-souris égarées dans une chambre à coucher en passant par les dommages dus aux tempêtes et les dégâts des eaux.

 

First Responder, les premiers secours rapidement sur place

De plus, le système First Responder a été introduit il y a quatre ans. First Responder ? Derrière cette appellation se cachent des secouristes de Walferdange qui ont suivi une formation spéciale et qui arrivent sur place le plus vite possible quand une personne se trouve dans une urgence médicale. Les gestionnaires de la centrale d’appels d’urgence 112 alertent l’équipe qui se compose en général de deux personnes. Les First Responder complètent ainsi la chaîne des services de secours existants. Ils peuvent déjà donner les premiers soins et donc gagner du temps jusqu’à l’arrivée du médecin urgentiste. Alain Koch explique : « Les centres ambulatoires les plus proches se situent à Luxembourg-Ville et à Lintgen. Cela explique pourquoi les secours peuvent prendre du temps à arriver sur place. Pourtant, quand on pense qu’une personne fait une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral, chaque minute compte. L’intervention des First Responder revêt donc une importance capitale. »

Quand on demande au chef de corps ce qu’il souhaite pour le centre d’intervention, un mot en particulier revient : des volontaires. Des gens prêts à s’engager pour qu’il y ait assez de collaborateurs dans toutes les équipes. Nous avons également besoin de jeunes pour la relève. Ils peuvent intégrer les jeunes sapeurs-pompiers dès l’âge de huit ans. Là, ils apprennent les premiers gestes de secours en s’amusant, et ils posent peut-être les jalons d’un avenir professionnel dans le domaine médico-technique. Ils peuvent aussi rejoindre les adultes dès l’âge de 16 ans : soit les sapeurs-pompiers, soit les First Responder. Il y a un manque à ce niveau-là, explique Koch. Le centre a besoin de jeunes qui restent sur le long terme. « Nombre d’entre eux déménagent un jour ou l’autre, partent étudier à l’étranger ou n’arrivent plus, dans leur vie professionnelle et privée, à trouver la flexibilité que leur engagement nécessite. Pourtant, beaucoup de nos membres sont parmi nous depuis des dizaines d’années. Une fois que le déclic s’est réellement opéré, de nombreuses personnes restent liées aux services de secours leur vie entière. »